Mon
héritage, ne me vient pas que de mes géniteurs, comme tous.
Non il y a des tonnes d'exceptions, je vais me permetttre d'en rester à mon cas.
Celui où je n'ai pas eu le choix de chercher par moi-même, parce que personne ne m'a montré le chemin. Parce que prersonne n'était là pour ça, m'expliquer, me raconter une histoire sur ceux qui m'ont précédé.
Heureusement, il s'avère que
my people, que ce soit chauvain ou véridique, sont d'excellents conteurs.
Leurs traces sont riches, infiniment. Et plus je creuse, plus je pleure.
Je pleure devant l'ange de Kushner, devant les derniers mots aveugles de Guibert, la crise de coeur de Georges, et bien sur, le coeur percé de Molina.
Personne n'a d'héritage facile, la condition humaine ne change jamais tant que ça en ses fondements, mais
putain.
Il ne s'agit jamais que d'oeuvres, je pleure des personnages de papier, ceux qui ne sont jamais que les témoins immortels de mes ancêtres.
Ces histoires, films, ces chants, autant de capitales mains tendues . C'est ici la particularité de mon peuple, il ne peut se fier à la généalogie pour la transmission de son expérience. Chaque nouvel être, aussi singulier soit-il, n'aura d'accès que par lui-même et personne d'autre. Il s'agit, tristement, que rarement d'un contact facile et sans honte et douleur.
Nous sommes dissimulés à nous-mêmes.
C'est pourquoi cette lignée, que je ne devine qu'encore, me paraît si capitale, j'insiste sur le mot.
Il m'aura fallu des années pour comprendre le flambeau que me tend Manuel Puig, et que tous les autres ont reprit, et retransmit. Et pour la première fois depuis jamais, je me sens enveloppé et précédé.
Mon chemin qui était obscur, a désormais ses oriflammes, laissés par mes ancêtres.