Il y a des odeurs de peinture, ça me démange dans les sinus, là où c’est impossible de se gratter. Je descends déjeuner, je n’ai pas mangé depuis 16h la veille. Je reste dans le salon à jouer sur mon ordinateur un peu. J’ai un mal de tête qui débute, c’est pourtant rare chez moi. Je sors chercher de l’argent, un peu d’air frais ne peut que faire du bien. En chemin, le problème passe de gênant à douloureux, c’est très inhabituel. Je cesse de me concentrer sur mon écran de portable et m’étends à demi sur le fauteuil. Je rabats mon capuchon, la luminosité est agressante. Les bruits aussi me perturbent, je met mes écouteurs sur mes oreilles et y projette une musique douce. Je crois que je fais une migraine, j’ai la nausée. Je change souvent de position, je tente de masser mon crâne sans succès. Le fauteuil est inconfortable, il tente de se replier et ne me permet pas de m’allonger complètement. Les odeurs m’écœurent, j’ouvre la fenêtre dans la cuisine malgré le froid humide de novembre. Je retourne m’allonger mais choisis l’une des causeuses cette fois-ci. Je cherche un angle avec les coussins en but d’amoindrir la douleur. De côté, assis, sur le dos, le mal refuse de démordre. Je vais boire de l’eau, plusieurs verres et la pression dans mon cerveau se relâche un peu. Je retrouve la causeuse et tente de côté. L’inconfort se réduit. Ma situation est un peu plus supportable lorsque mon nez me rappelle la peinture. L’odeur me soulève le cœur un peu. Je sors à l’extérieur en espérant reprendre mon souffle. Je reste sous le portique mais rien ne s’améliore. Le froid finit par me faire rentrer. Je me recouche et ouvre la grande fenêtre derrière moi. Je tremble un peu et je me recouvre d’une couverte. Les peintres partent dîner, j’en profite pour demander à mon frère d’aller me chercher des comprimés, n’importe quoi. Il m’offre des antidouleurs génériques. J’en prends un avec de l’eau et attends son effet. Quelque chose qui m’apparaît comme quinze minutes passe et je prends un second comprimé. Je tremble de plus en plus, je suis étourdi lorsque je me lève, la douleur à ma tête est plus que présente, je crois que j’ai envie de vomir. Je me rends à la salle de bain, question de prévoyance. Je m’agenouille près de la cuvette, en espérant que ça passe. Je m’étends sur le sol froid, les muscles de mon dos se relâchent, ça fait du bien. Je fini par me remettre sur le côté vu que cette position semble alléger l’inconfort. Je me détends un peu, les différents malaises s’estompent. Je m’assoupis à moitié. Je me réveille en sursaut, conscient de m’être assoupis. Un spasme me parcoure, je vais vomir. J’ai à peine le temps de diriger ma tête vers la toilette que le contenu de mon estomac brûle mon remonte, brûle mon œsophage et ma gorge et atterrit dans la cuvette. J’ai l’impression d’en avoir jusque dans le nez. En fait ça ne doit être que du mucus délogé par la contraction de tous ces muscles. Ça recommence, je me croyais vide mais mes muscles poussent encore deux ou trois fois. J'ai le souffle qui manque et je me sens dégoutant. Je prends un mouchoir et essuie la bave, la morve et les larmes, mais pas dans cet ordre. Je me sens soudainement beaucoup plus léger, malgré le feu dans ma gorge. Je tire la chasse de la toilette et me relève. Je bois de l’eau, plusieurs verres et me regarde dans le miroir. Je dois avoir une haleine épouvantable, je préfère ne pas trop y penser.
25 novembre, 2007
Art thérapie, et c'est le cas de le dire
J'ai été malade mercredi dernier, solide. C,est venu à peu près aussi rapidement que c'est parti. J'ai manqué mon cours de peur de vomir en m'y rendant. Je me suis dit que ça vaudrait la peine de tenter d'écrire ce que j'ai ressenti, alors je vous le donne en primeur: la visite de mon intérieur.
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