11 octobre, 2007

Annie, encore

«Chaque année le photographe en herbe soumettait une pile de ses meilleurs tirages à un vieux photographe célèbre dont il attendait ensuite le verdict. Chaque année le vieillard examinait ces tirages puis les classait consciencieusement en deux piles, les bons et les mauvais. Chaque année le vieillard plaçait certaine photo de paysage dans la pile des mauvais tirage. Il finit par se tourner vers le jeune homme pour lui dire:

"Vous me soumettez ce paysage chaque année, et chaque année je le pose sur la pile des mauvaises photos. Pourquoi l'aimez-vous tant?"

"Parce que, pour prendre cette photo il m'a fallu gravir une montagne."»

Annie Dillard, En vivant en écrivant

08 octobre, 2007

Cher Pierre

Ça ne résout pas tous les débats, mais c'est un peu de sang-froid qui fait vraiment du bien


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02 octobre, 2007

Babooshka(je dois bien avoir au moins 5 posts avec ce titre)


Bon voila , je ne peux que voler l'idée de Al (au fait pourquoi Al?) et vous soumettre mon troisième texte pour mon cours de prose. C'est un hommage à la fabuleuse Kate Bush





Babooshka

Pour Kate Bush

Cela faisait plus d’un mois qu’elle avait commencé à lui envoyé les lettres, celles qu’elle signait : Babooshka. [She couldn’t have made a worse move[1]] Méthodiquement, elle déversait son cœur par le stylo. Venin pour miel. De lettres en lettres, elle ne cessait de renouveler ses artifices, ses cajoleries, de lui tendre l’hameçon. Toute sa stratégie ne découlait que d’une seule chose, son pseudonyme. Babooshka devait séduire, elle devait réussir à être tout ce qu’elle avait été. [And how she was when she was beautiful[2]] C’était la seule façon de le tester. Peu à peu, le jeu se poursuivit entre elles et lui. Bientôt, elle ne fût plus satisfaite des lettres, et elle voulut le rencontrer.

Elle lui donna rendez-vous dans un café en signant : « entièrement dévouée, Babooshka ». Elle mordillait sa tasse, buvait son thé une goutte à la fois et gardait les yeux fixés sur la porte. Il vint finalement, secouant l’eau de son parapluie. Il s’assit face à elle en tenant un gobelet de café fumant entre ses mains. [Uncanny how she reminds him of his little lady[3]] Elle ne s’était pas déguisée, elle n’aurait pas su comment. Ils ne dirent rien pendant un long moment, comme ils le faisaient depuis trop longtemps. L’après-midi se changea en soirée, les gens allant et venant au gré de leur envies de caféine, ignorant le couple prostré dans son silence. Aucun mouvement ne fut engagé, hormis celui rapprochant leur breuvage de leur bouche. À un moment, il allongea le bras pour lui prendre la main mais elle la retira en faisant mine de balayer des miettes. Il prit donc une serviette de table et y écrivit quelque chose avant de sortir. Elle ne put réprimer un hoquet de surprise en lisant :

[I’m all yours Babooshka[4]]



[1] BUSH, Kate. Never For Ever. «Babooshka», Capitol, 1990(date originale de parution: 1980), [CD]

[2] Ibid

[3] Ibid

[4] Ibid