20 décembre, 2007

Bourrée

«L'un comme l'autre fut heureux de constater que cette clef, si elle existait, était détenue par un compère de son goût. Mais on sait qu'à quelques jours de la gare de l'Est, jeunes l'un et l'autre bouillants, de façon différente ils se plurent: et il arriva que dans une chambre noire derrière des persiennes ils fussent l'un devant l'autre nus, dressés, et en deçà des cadences et des nombres issus de la voyance, en deçà de de tout poème ils s'abouchèrent ; derrière ces persiennes ils trépignèrent dans la vieille bourrée aveugle des coprs nus, l'un l'autre se cherchèrent l'oeillet violet, l'ayant trouvé s'y arrimèrent et, suspendus à ce mât qui n'était pas la tringle, il arriva qu'ils tresaillissent et disparusent un instant de ce monde, de la chambre noire, des persiennes de septembre, le coprs universellement épandu et pourtant tout entier rassemblé dans le mât, les yeux morts, la langue perdue.»

Pierre Michon, Rimbaud le fils

14 décembre, 2007

Hommage

Pour tous ceux que ça intéresse, qui comprendront ou qui demanderont, le jour où j'arriverai à écrire quelque chose comme : «Ce que je voudrais vraiment, c'est que vous me suciez en me regardant dans les yeux» et que ce soit comme une déclaration d'amour, grâce à tous les mots que j'aurai au préalable alignés, j'aurai au moins, à demi réussi.


Sur une toute autre note: parfois je regarde mon niveau, je me compare à d'autres, et ça fait peur, j'ai toujours été bon pour m'en faire.

À relecture, il serait vachement temps que j'arrête de m'observer, de prophétiser et de plutôt me lancer.

09 décembre, 2007

Daemon

J'ai pu m'en empêcher

Allez, avouez que c'est le fun:P


08 décembre, 2007

Tellement marre de marcher sur des oeufs

J'ai la gorge enflée, ça fait mal.

Respirer est difficile, j'ai des hauts-le-coeuret envie de déglutir en même temps.

J'en ai marre, tellement marre.

Je finis ça cette fin de semaine, je ne verrai plus cette ************

Je n'entendrai plus parler du sort héroïquement triste des sud-américains.

Je vais m'enlever son bras qu'elle essaie de m'enfonçer dans la gorge depuis 3 mois...

Quand j'aurai fini ce travail.


Freud passait mieux qu'elle.






(ps: en tappant mon titre je me suis aperçu que beaucoup de mes billets commencent avec un M)

02 décembre, 2007

Mythomanie infantile

Plus jeune, j’inventais des histoires pour rendre ma vie plus intéressante, par pure commodité. Lorsque les évènements de mon existence m'apparaissaient trop mornes ou trop ennuyeux au regard des autres, et peut-être du mien aussi. J’ai conservé cette petite manie longtemps, durant toute mon enfance et aussi mon adolescence. Je n’ai commencé à la perdre qu’à partir du collège, et encore, c’était comme quitter le tabagisme. Maintenant j’apprends de plus en plus le pouvoir de la sincérité, mais aussi sa difficulté. De chercher à dire ce qui exprime exactement un sentiment et non pas la réponse à laquelle on peut s'attendre, ce n'est que rarement évident. La bonne volonté ne suffit pas à la sincérité. Les mots sont glissants, plus que des anguilles. Ils savent se cacher. On sait qu’on les a déjà aperçus à quelque part auparavant mais ils ont prit grand soin de camoufler leur trace. Leur courir après est un peu un jeu du chasseur, et il ne s’agit pas une chasse à cours truquée.